Ce sera sans moi !

Pas la peine de rêver, vous ne changerez pas le monde. Tout ce qu'il vous reste, c'est le droit de râler, la liberté d'en rire... et le plaisir de passer votre tour.

01 décembre 2009

A la mode de chez nous

Ça va devenir une habitude. Dès qu'on change de mois, je suis tagué par une fille. Obligé de faire un billet sur le sujet qu'elle a décidé. C'est comme ça, pas moyen d'y couper. Ni de prendre des libertés avec.

Pour l'occasion, c'est Marine, fidèle parmi les fidèles, qui m'a apostrophé. M'enjoignant de lui conter par le menu le rapport que j'entretiens avec la mode (masculine j'imagine, parce qu'il faut bien un sens à ce tag étant donné que je suis le seul mec dans la liste). Eh bien je dois avouer que tout cela tombe plutôt à pic, car il y a bien longtemps que j'avais envie de vous parler de mon look tout pourri.

Bon, mais là, pouf pouf, je vous arrête tout de suite.

Mon look tout pourri, à des années-lumière des dernières tendances observées dans les magazines, inclassable, souvent copié mais jamais égalé, je ne m'en séparerais pour rien au monde.

Il vient de loin, mon look. Il a des heures de vol. De la bouteille, un cuir patiné et craquelé par le temps. Non, j'ai pas dit que je m'habillais en cuir (petite coquine, va). J'ai juste dit que pour décalé qu'il soit par rapport aux canons de la Fashion Academy, ça fait tellement longtemps que je le cultive qu'il mérite le plus grand respect. Mon look, c'est le Nutella de la mode. 25 ans d'expérience qui feront toujours la différence. Mon look, en résumé, c'est tout sauf ça :

mode1 mode2 mode3 mode4

Non mais vous avez vu ces guignols ?

Bon. Je dois confesser qu'un élément non négigeable a activement participé à la construction de mon style vestimentaire : je suis mal gaulé. Entre autre tares (évidemment je ne vais pas vous faire l'inventaire complet) j'ai du bide, les épaules qui tombent et les genoux en-dedans. Comment vous dire ? L'expression de Desproges "quand il part, on dirait qu'il revient" est assez réaliste. Oh, ne vous apitoyez pas, je trouve ça vachement bien d'être galbé comme une bouteille d'Orangina, et puis ça fait 30 ans que ça dure alors j'ai un peu oublié qu'il pouvait en être autrement. Bref. Toujours est-il que j'ai un peu évité, au fur et à mesure que les années passaient, de porter des chemises trop près du corps (avec moi, on a plutôt l'impression que c'est le corps qui est trop près de la chemise), des pantalons trop fins (le slim est à ce titre la pire invention du genre humain) et des chaussures trop souples. En d'autres termes, hors de question que vous puissiez me confondre avec ça :

groupe

Putain, et ça vend des disques aussi ? Froid dans le dos, qu'ils me font, ces gars-là.

Autre facteur ayant pas mal joué dans la conjonction : j'ai un visage super sérieux. Avec le grand front dégagé - aujourd'hui carrément dégarni - et les lunettes qui vont avec. Au collège, ça s'appelle "une tronche de premier de la classe" et à la fac ça devient "je crois que c'est lui le nouveau chargé de TD". Il est donc à la portée du premier imbécile venu de comprendre qu'une trombine de mon style n'est pas vraiment compatible avec ça :

baggy tshirt

Wahaha, j'en pleure encore. il paraît que l'été, ils ont les mêmes en version pantacourt. C'te honte.

Pour autant, vous l'aurez deviné, ce n'est pas mon physique qui m'a incité à me tenir durablement éloigné des déjantés du prêt à porter. Prompt à critiquer tout ce qui sort du cadre dans tous les domaines, il était normal que je devienne un chantre du classicisme et que je laisse mes vêtements s'acclimater à moi plutôt que l'inverse. Je suis donc aujourd'hui le parfait exemple du vestimentairement correct. Mes jeans n'ont jamais de couleurs ou de coupes improbables, mes t-shirts n'agressent pas davantage l'oeil du voisin avec des motifs ou des logos criards, je cultive l'art du pastel et de l'uni pour mes chemises, mes cravates, mes pulls. Et mes costumes n'acceptent de rayures que si elles sont fines et discrètes.

En revanche, puisqu'il faut bien qu'une coquetterie me soit reprochable, je mets un point d'honneur à associer systématiquement les couleurs de ma ceinture, de mes chaussures et du bracelet de ma montre. Question de principe. De même qu'on ne me verra jamais mettre des chaussettes marron dans des pompes noires (et vice versa), encore moins enfiler un manteau bleu marine par dessus.

J'en fais trop et pas assez à la fois ? Qui sait... Ce qui est sûr, c'est que mon look tout pourri n'entre dans aucune case. Pas assez noble pour être taxé de BCBG, trop bon marché pour être assimilé à un bobo, je trace ma route sans me poser de questions.

Et là, je serais bien tenté de vous dire "et je vous emmerde" mais deux fois de suite, c'est vrai que c'est moyen.

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29 novembre 2009

Read me, I'm famous

celebrite

C'est à Andy Warhol, il me semble, qu'on attribue une phrase selon laquelle chaque être humain connaîtra, au cours de sa vie, un quart d'heure de célébrité. Eh bah voilà, mon tour est venu. Ce blog a en effet atteint, vendredi dernier, un pic inattendu de nouveaux visiteurs. Je n'y suis pas pour grand chose, c'est une certaine prof d'anglais qui, non contente de m'avoir déjà référencé il y a quelques semaines, a placé un lien sur son dernier billet, lequel a instantanément propulsé tout son lectorat sur mes pages. Qu'elle en soit ici chaleureusement remerciée.

Car grâce à elle, pendant tout le week-end, je ne me suis plus senti pisser. Ça y est, mon blog est populaire. Je vous dis pas comment je me la pète. Grave.

Evidemment, la première à en avoir fait les frais, c'est Pamela. "T'en es à combien de commentaires, toi, sur ton blog ?" je lui ai demandé, toutes les demi-heures. "Oh, on dirait que ça se ralentit, je n'ai eu que 40 visites ce matin". " C'est fou, tu le crois ça ? Y a des mecs qui viennent, ils ne leur faut que 2 heures pour lire toutes les archives"...

En guise de réponses, j'ai eu droit à des regards noirs, comme ils disent dans la pub, avec des vrais morceaux de jalousie dedans. Remarque, je peux la comprendre. Ça fait cinq ans qu'elle rame pour avoir du passage en dehors de la famille et des potes, alors quand moi j'explose les stats après trois petits mois d'existence, ça agace. Mais bon, elle n'a qu'à se mettre à râler, elle aussi, on verra bien si ça lui ramène du monde.

Hahaha.

Non, je déconne. En fait, ce qui fait qu'un blog devient populaire, influent, référent dans son domaine, tout le monde le sait bien, c'est son réseau. Aussi formidable que soient son concept, son design, et bien entendu - surtout - le talent de son auteur, un blog ne marchera jamais s'il ne fait pas constamment sa pub autour de lui. S'il ne s'affiche pas partout là où il faut être vu. S'il ne va pas là où tout le monde va déjà. Et peu importe que ces endroits plaisent à celui qui s'y vend, ce qui compte, c'est le potentiel qu'ils représentent pour assurer sa gloire.  Un référencement efficace est tout sauf affectif. On se montre là où ça rapporte, point. Rien de nouveau sous le soleil, finalement, les starlettes de Saint Trop' ne s'y prennent pas autrement.

Voilà la raison pour laquelle mes chevilles enflent démesurément depuis trois jours. C'est que moi, je ne m'y suis pas du tout pris comme ça. Mon réseau (si tant est qu'on puisse l'appeler ainsi, personnellement j'aime mieux parler de communauté), il s'est composé tout seul. J'ai parcouru la Toile, j'y ai dégotté des gens qui avaient des choses à dire et qui le disaient bien, puis déposé des commentaires là où je trouvais que ça en valait la peine. Pas parce que j'attendais un retour d'ascenseur (quoique, ne serait-ce que par politesse, ça m'aurait pas déplu que les gens chez qui j'ai laissé 50 messages se bougent le derche et viennent jeter un coup d'oeil à ce que je fais, mais bon). Que ces gens-là soient eux-mêmes populaires ou pas, je m'en moquais comme de ma première dent de lait. Et je m'en moque encore plus aujourd'hui.

Non, sérieusement, je suis heureux d'avoir pu démontrer qu'en dehors des stratégies hypocrites et des opérations de lobbying sauvage, on peut arriver à faire venir du monde et - si j'en crois les confidences que certains d'entre vous m'ont laissées au fil des semaines - les faire sourire un peu.

Bon. Evidemment ma célébrité est toute relative, je suis pas encore Hemingway non plus. Mais par rapport au journal intime de mon enfance, aux chiens que j'ai dû écraser moi-même pour avoir de quoi remplir les pieds de page d'un quotidien local, aux colonnes de brèves dans la feuille de choux interne de mon premier employeur... eh bah je me dis que c'est pas si mal, ce que je vis aujourd'hui.

Alors ouais, je me la pète, et je vous emmerde.

(Et pour ceux qui se demandent le rapport entre le billet et la photo qui l'illustre, laissez tomber, vous pouvez pas comprendre. On en reparlera quand vous serez invités dans les soirées VIP).

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27 novembre 2009

Prise en grippe

vaccin

C'était décidé. On était d'accord. Le vaccin contre la grippe A ne passerait pas par nous. Et encore moins par notre enfant.

Et puis il y a eu ce coup de téléphone.

La donne a changé. Ma soeur vient d'accoucher.

Bon, plantons le décor quand même. Ma soeur, évidemment, je l'aime. C'est le même sang qui coule dans nos veines, on est issus du même moule. Encore que, quand on nous regarde, on est en droit d'en douter. Aussi fine que je suis bien en chair, aussi raisonnable que je suis épicurien. Intellectuellement aussi : scientifique et bosseuse contre littéraire affecté d'un baobab dans la main. Douée pour le sport, la danse, face à un handicapé chronique du mouvement qui swingue et nage comme une enclume. Amoureuse de la campagne et de la chaleur quand je recherche le frais en pleine ville. Autant dire qu'on ne se voit pas beaucoup, elle sur la Côte et moi au nord de la Loire.

Bref. Ma soeur vient d'avoir un bébé. Tout s'est déroulé à merveille pour la maman comme pour le bout de chou, un beau gaillard de 3,5 Kg qui se porte comme un charme. Evidemment, je l'ai appelée pour la féliciter.

Mais rapidement, après les banalités d'usage dans ce genre de situation, la conversation a pris une tournure à laquelle je ne m'étais pas préparé, mais qu'avec le recul j'aurais dû deviner. "Euh, Charlie, ça m'ennuie beaucoup de te demander ça, mais... maman m'a dit que vous n'aviez pas prévu de vous faire vacciner...".

Bah oui. Pas prévu parce que pas convaincu, mais alors pas du tout. Ni par le vaccin lui-même, ni par le discours confus qui a entouré sa mise sur le marché. Préparé à la va-vite et à peine testé, les spécialistes se demandent encore jusqu'à quel point il serait efficace (certains parlent de 50 %, d'autres avancent qu'il n'empêcherait pas la transmission du virus au cas où le coquin serait passé au travers des mailles du filet). Et surtout personne ne sait quels effets secondaires il pourrait éventuellement générer. Il y a quelques années, on vaccinait à tour de bras contre l'hépatite B sans se douter que des cas de sclérose en plaques se déclareraient un jour à cause de ces injections...

Comprenons-nous bien, je ne suis pas de ceux qui mettent systématiquement en doute les incitations au principe de précaution véhiculées par le corps médical. Je ne veux pas pécher par excès de méfiance. Je sais parfaitement que le principe même de la médecine consiste en l'intrusion d'un désordre (le médicament) dans le corps du patient, pour en éliminer un autre (sa maladie). Je mesure très bien ce qu'on appelle un rapport bénéfice-risque.

Sauf que là, le rapport, je le trouve vraiment flou.

D'autre part, je déteste plus que tout cette tendance (bien française) au catastrophisme ambiant qui consiste à dire à tout le monde "tu vas mourir" alors que les chiffres démontrent, chaque jour un peu plus, que l'immense majorité des personnes atteintes s'en sortent comme après un bon gros rhume. Ah, bien sûr, il y a des cas un peu plus extrêmes, ce matin encore on apprend dans le journal que 22 personnes sont mortes suite à des complications issues du H1N1 et que dans les hôpitaux, les services de réanimation ne désemplissent pas. Mais tout cela est-il vraiment nouveau ? Chaque année, des centaines de virus similaires font les mêmes ravages. C'est triste mais c'est ainsi : des gens meurent de pathologies dont d'autres (là encore, l'immense majorité) réchappent : des bronchites, des infections urinaires... et la grippe saisonnière pour laquelle il existe aussi un vaccin.

La plupart des médecins que je connais sont, peu ou prou, d'accord avec ma vision des choses. Ils avouent à demi-mot qu'ils font leurs vaccins à contrecoeur, dans une logique professionnelle mais certainement pas personnelle. Le problème c'est que ma soeur en fréquente d'autres et que leurs convictions sont diamétralement opposées. OK, chacun sa façon de voir les choses, chacun ses convictions, chacun sa foi. Toujours est-il que le deal est désormais le suivant : "Charlie, si tu veux voir mon bébé à Noël, faites-vous vacciner, toi et ta famille".

Je n'ai évidemment pas envie de me fâcher avec ma soeur, ni de rater le réveillon. Je comprends tout à fait cette volonté d'offrir un maximum de protection à un nouveau-né auquel on ne pourra pas donner de Tamiflu s'il présente des symptômes. Il est parfaitement légitime de ne pas vouloir l'exposer à un risque. J'aurais juste aimé que les choses prennent une autre forme que celle d'un ultimatum. Aussi élégamment présenté soit-il.

Nous irons donc à la rencontre des aiguilles. Mais si, dans dix ans, j'apprends que mon fils développe une tumeur au cerveau, semblable à celle de gens qui se sont faits vacciner, je me dirai sans doute que c'est cher payé pour un repas de Noël.

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25 novembre 2009

Une nounou d'enfer

autoroute

- Bon, alors ceux qu'y z'ont pas mis leurs manteaux, ils s'assoivent. Oui c'est ça, assis-toi là. Kevin, touche pas au sac à Océane, tu vas le casser. Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? Nan, c'est pas moi qui l'a, ton doudou. Bah écoute, je sais pas moi, il est sûrement où c'est que tu l'as mis. Aux toilettes, vas-y voir. Jordan, non mais c'est pas vrai, quel chameau ! Tu vas y rendre son sac, oui ? Toi, je te l'ai dit, je l'ai pas ton doudou, tu veux que je te fasse montrer ? Allez, vous restez là, ensemble sinon comment vous voulez que je vous voye ?

Elle a peut-être 20 ans. Les cheveux vaguement tirés en arrière, mèches blondes et rousses mêlées et emmêlées, assemblées par un chouchou trop grand, un jean moulant tailladé aux genoux surplombant des Air Max grisâtres. Son visage maquillé à la truelle est orné de l'inévitable piercing nasal, et j'imagine que sous son débardeur frappé du logo NTM, on peut en découvrir un autre au nombril.

Je l'ai écoutée et regardée. Impossible de savoir si ses fautes de français m'attristent plus que ses goûts de chiotte.

Qui est-elle ? Grande soeur, nounou d'emprunt, jeune tante ou cousine ? Là voilà, sur cette aire d'autoroute, entourée de trois tornades blondes qui, à présent, s'emploient à dévaster les rayons pendant qu'elle attend pour payer son Fanta.

Elle finit par les rassembler, au prix de menaces et de noms d'oiseaux aussi imagés les uns que les autres. Je les regarde passer la porte de la station, les gamins courent tête baissée vers une guimbarde sans âge dans laquelle ils grimpent prestement. Les deux plus petits élisent domicile sur la banquette arrière, je n'aperçois aucun réhausseur ni de ceinture à boucler. La petite fille s'installe debout à l'avant tandis que la grande allume une clope avant de démarrer en trombe.

Mon café est terminé. Je dépose le gobelet dans la poubelle et sors à mon tour. Je retrouve Pamela, restée dans notre voiture avec Ralph, paisiblement endormi à l'arrière dans son siège bébé.

Je me retourne vers lui. Puis vers Pamela, à nouveau, pour lui dire :

- Je suis bien content qu'on soit les seuls à s'occuper de lui.


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23 novembre 2009

Attention, travaux

vierge

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas un billet écrit de ma main que je vous propose, mais un document (rigoureusement authentique) retrouvé dans les archives de l'Eglise, que voici in extenso...

"Mémoire de ce qui est dû à M. Lestisse, peintre-sculpteur-décorateur, pour travaux faits dans l'église de Lanviouze (Finistère) le 9 Mars 1841.

- Pour avoir descendu le grand Bon Dieu de dessus le maître-autel, l'avoir lavé et nettoyé, 14 francs 10 sous ;
- Pour avoir fait un nouveau râtelier pour Saint Louis et l'avoir lavé par-devant et par-derrière, 3 francs 10 sous ;
- Pour avoir mis un nouveau bras à Saint Etienne, lui avoir blanchi le nez et fourni une calotte pour cacher le trou qu'il avait sur la tête, 3 francs 3 sous ;
- Pour avoir corrigé le Pater Noster et lui avoir fait et fourni une main, un bras, deux pieds et avoir nettoyé toutes les figures, 18 francs ;
- Pour avoir peint et nettoyé Saint Jean-Baptiste et son mouton et lui avoir placé une corne sur le côté gauche, 5 francs ;
- Pour avoir lavé la Sainte Vierge et lui avoir refait un enfant Jésus et un bras gauche, 24 francs ;
- Pour avoir remis au Saint Esprit une queue neuve et avoir refait un nouveau chapeau à saint Joseph, 4 francs ;
- Pour avoir fourni les cordes pour peindre les Saints Anges au-dessus de l'autel, 5 francs ;
- Pour avoir ôté les vieux yeux des douze apôtres et les avoir remplacé par des neufs, 6 francs ;
- Pour avoir peint une ceinture, mis un bras et une trompette à l'ange qui est au-dessus de la chaire, 7 francs 8 sous ;
- Pour avoir lavé et nettoyé Saint Isidore, Sainte Barbe et Saint Nicolas et Sainte Cécile avec son violon et leur avoir fourni tout ce qui leur manquait, 20 francs 3 sous ;
- Pour avoir fait un diable tout neuf, l'avoir placé sous les pieds de l'Archange Saint Michel et les avoir peints tous les deux, 45 francs ;
- Pour avoir détruit la grande fleur de Lys, pour avoir varlopé le derrière de Saint Louis et de Charlemagne qui ne voulaient pas entrer dans leurs niches et les avoir peints et décorés tous les deux, 45 francs.

Ce qui donne un total de 166 francs 40 sous pour la remise à neuf des saints de l'église de Lanviouze."

Vous l'aurez constaté, ce Monsieur Lestisse a donc fait beaucoup plus pour l'Eglise tout entière, pas seulement celle de Lanviouze, à la force de ses seuls bras et aidé de quelques rares outils, que bien des Evangiles. Il a, pour cette oeuvre, reçu une bien modeste rétribution. Mais tout de même... Refaire un enfant à la vierge, je veux bien. Ajouter une queue au Saint Esprit, passe encore. Mais varloper le derrière de Saint Louis, oh, nom de Dieu !

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20 novembre 2009

L'amour à la machine

caf__clooney

- Je sais pas si elle a une idée précise en tête pour demain. Sérieusement, je sais pas. A aucun moment au restaurant, mardi dernier, on n'a été dans une optique de séduction. On a même parlé de nos ex, ce qui n'est jamais bon, t'es d'accord. C'est vrai qu'elle a pu être séduite au cours du dîner alors qu'elle ne venait pas pour ça. C'est peut être Laurent, aussi, il a très bien pu lui monter la tête. Peut-être qu'il lui a dit que j'avais craqué sur elle. Mais non, je divague... Elle m'a appelé parce qu'elle n'avait rien de mieux à faire, pour se sortir ses examens de la tête, parce que ses amis étaient déjà pris. On passera la soirée de demain comme on a passé les deux précédentes, sans aucun enjeu.

- Mmmmh.

- Mais tu comprends, c'est une fille bien, moi j'ai peur de lui mentir. J'ai pas envie de me réveiller dans trois semaines en comprenant que je me suis laissé faire parce qu'elle était la seule à s'intéresser à moi. Bon, c'est vrai que par rapport à Manue, c'est pas une névrosée, hein. Elle a un gros manque affectif, c'est clair, mais en même temps ses choix sont plus réfléchis.

- Bien sûr.

- Elle me dit "je te revois quand" ? mais tu vois, je suis certain qu'elle n'est pas pressée de se retrouver un mec. En tout cas, moi elle a compris qu'il me fallait du temps, et elle l'accepte.

- Je vois bien.

- En fait, ce qui m'ennuie, c'est que d'un appel à l'autre, tout peut changer. Un soir, j'ai envie de me retrouver dans son lit, le lendemain je ne pense qu'à une chose, c'est à la voir disparaître de ma vie tellement son côté pétasse m'exaspère.

- Son côté pétasse ?

- Ouais, enfin son côté "je sais pas ce que j'attends de notre relation". Et puis de toute façon, je sais pas si elle m'excite vraiment, ni si j'aimerais la présenter à mes amis.

- Ah ouais quand même.

- Ouais.

Après un regard dans le vide, ils empoignent leurs gobelets, se lèvent, remettent les tabourets en place et disparaissent dans le couloir pour appeler l'ascenseur. On dit que ce sont les filles qui se posent trop de questions. Qu'elles peuvent dire tout et son contraire en cinq secondes. Et qu'elles sont impudiques aussi. Je viens de vivre la preuve, en tout cas, qu'elles ne sont pas les seules à avoir des conversations hallucinantes à la machine à café.

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17 novembre 2009

Esprit d'entreprise

entreprise

Vous me croirez si vous voulez, mais la Krach and Partners International Ltd, cette année, c'est vraiment de la balle. Alors que tous nos concurrents sont englués dans la crise, nous, on va exploser nos résultats commerciaux. Et présenter une croissance à deux chiffres. Vous trouvez ça fantastique ? Vous avez raison. La Krach and Partners, c'est la meilleure entreprise du monde.

Non mais je déconne pas, là. On est vraiment les plus forts, les plus beaux et les plus intelligents. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est mon Président Directeur Général. Dans une vidéo publiée ce matin sur notre intranet, dans laquelle il nous congratule (déjà, t'imagines un peu, alors que l'année n'est même pas terminée) et nous assure que, si on en est arrivés là, c'est pas seulement parce qu'on a bossé comme des tarés jusqu'à pas d'heure. Pas parce que nos n+1 nous ont mis la pression en nous demandant de justifier toutes nos actions par la perspective d'un retour sur investissement imparable. Pas du tout. Si on est les premiers de la classe, c'est parce qu'on a des valeurs.

Ouais. On a tous, individuellement, les mêmes valeurs que celles de l'entreprise. La cohésion, la créativité, l'enthousiasme, l'innovation, etc. Chacun de nous a tout ça en lui, et c'est pour ça qu'on est là et pas ailleurs.

Quand t'y penses, c'est quand même fabuleux, qu'une boîte soit capable de recruter précisément les mecs qui lui ressemblent, de n'en oublier aucun à l'extérieur, et surtout de ne pas se tromper en laissant entrer quelqu'un qui ne lui correspondrait pas.

On est vraiment trop forts.

Et comme on aime bien se le dire, qu'on est trop forts, beaucoup plus forts que les autres, chez Krach and Partners, maintenant on l'écrit sur les murs. Tous les murs. Dans tous les bureaux, tous les open-spaces, tous les couloirs. Même aux toilettes.

Si si. Jeudi dernier sont arrivés trois cartons à mon étage. Blindés de calicots et de stickers avec des mots. Nos mots. Ouverture, dynamisme, partage, compétence et tutti quanti. Il y avait des phrases aussi. "L'écoute au service du client", "Faire de vos désirs nos plus grandes préoccupations", "L'ambition de la qualité".

J'ai demandé à l'assistante qui les déballait ce qu'elle allait en faire. Elle m'a répondu que j'allais bientôt en avoir un au-dessus de ma tête. Puisque j'étais le premier sur les lieux du crime, j'ai demandé à choisir. J'ai pris Performance. Tellement moi...

Tout le monde s'y est mis. On a marouflé comme des malades pendant vingt minutes et voilà, ça y est, tous nos visiteurs sont au courant qu'on a des valeurs que les autres, les nuls qui plafonnent à 2 % de progression de chiffre d'affaires, ils ont pas. Et ce n'est pas tout, pour la fin de l'année on aura aussi de quoi accrocher des affiches qui reprendront, dans un savoureux graphisme, tous ces jolis mots et ces phrases pleines d'originalité pour expliquer au monde combien nous sommes formidables.

Bon, ce qui est dommage, c'est que cette année, les plafonds de remboursement d'hôtels, de repas et de taxis seront rognés d'environ 20 %. Que tous les prestataires seront mis en concurrence avec obligation de proposer le même service pour deux fois moins cher. Que l'enveloppe des augmentations salariales sera diminuée de moitié par rapport aux années précédentes.

Mais ces menus sacrifices sont finalement bien peu de choses au regard d'une belle opération de communication interne qui coûte, certes, un peu d'argent, mais renforce chez chacun le sentiment d'appartenance à une grande, belle et généreuse famille.

Une famille qui, a aucun moment, jamais ô grand jamais, ne nous donne l'impression de nous prendre pour des truffes.

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15 novembre 2009

C'est quand est-ce prévu pour ?

101

- Oh, qu'il est mignon ce petit garçon ! Il a quel âge ?
- Bientôt 20 mois.
- Il est drôlement grand, dites donc. Et il s'appelle comment ?
- Ralph.
- C'est très joli. Et tout blondinet en plus... Qu'est-ce qu'il est souriant !
- Comme sa maman.
- Et sage aussi...
- Comme son papa.
- Oh ça oui, il vous ressemble, hein, vous ne pouvez pas le renier...

Elle me tend un chausse-pied et prend la pose, une main sur les hanches, s'amusant des mimiques de mon fils. Compliments sincères ou appris par coeur, peu importe, du moment que la paire que j'enfile est bien celle que j'avais vue en vitrine.

- Elles vont se faire, hein, le cuir est très souple. C'est le premier ?
- Pardon ?
- Enfant. C'est votre premier ?
- Oui. Vous les avez en 44 ?
- Vous les trouvez un peu justes ?
- Un peu.
- Faut lui faire une petite soeur, à ce petit Ralph. Lucette, tu m'amènes les Prestige en 44 ? Oui, faut lui faire une petite soeur. C'est mieux quand ils sont rapprochés, ils peuvent jouer ensemble.

Je fais mine de ne pas avoir entendu, tente de faire diversion en rassemblant boîte vide et chaussures trop petites.

- Laissez, je vais le faire. Les miens, je les ai eus rapprochés. 11, 9 et 6.
- C'est bien.
- Vous en voulez bien un deuxième, hein ? Hein, madame ?

Pamela sourit et lâche un "bien sûr, un jour" dont elle sait qu'il ne suffira pas à clore la discussion.

- Les enfants uniques, ils sont tristes. Ou alors trop gâtés. Souvent c'est pareil, vous me direz. Plus on les gâte, plus ils sont tristes.

Les Prestige 44 ont fait leur entrée, je commence à avoir envie qu'elles me fassent aussi mal que les autres, histoire de quitter l'endroit plus vite.

- Ma première fille, quand son frère est arrivé, elle l'a vraiment pris sous son aile... Hein, Ralph, mon chéri, toi aussi tu t'en occuperais bien, de ta petite soeur ?
- Babaabaaa.
- Oh, il est vraiment adorable ! Il faut demander ta petite soeur au Père Noël, je suis sûre que sage comme tu es, il va te l'apporter sous le sapin. Non non, il ne faut vraiment pas qu'il reste tout seul, cet enfant...

Indéniablement, les 44 sont moins douloureuses que la leçon de la pipelette. Une leçon qui m'exaspère, c'est une certitude, mais je me garde bien de lui en faire la remarque. Sa logorrhée n'est pas plus insupportable qu'une autre, le problème c'est qu'elle n'est pas la première que j'entends. Depuis trois mois, il ne se passe pas une journée sans qu'on me questionne sur la date d'arrivée du prochain héritier. Pas un repas de famille sans qu'on scrute le verre d'alcool de Pamela pour voir si elle le siffle ou le déverse discrètement dans le ficus.

Putain mais fichez-nous la paix ! Vous l'avez vue où, la loi qui oblige un couple à mettre en route un bébé dès qu'un autre sait se tenir debout ? C'est quoi cette façon de décréter qu'être père, c'est se manger minimum 6 ans de couches et de nuits en pointillé ? Pour quelle raison devrait-on avoir plusieurs enfants, alors qu'on n'a qu'une seule femme, un seul boulot, une seule équipe de rugby préférée ? Quand tu achètes une voiture et que tu la montres à tes potes, est-ce qu'il y en a un pour te dire "elle est vachement belle, mais quand est-ce que tu t'en paies une autre" ?

Bon. La question n'est pas là. J'aimerais bien, moi aussi, avoir une petite fille. Ou un autre garçon, je m'en fous, quoi qu'il arrive ce sera toujours mieux qu'un caniche. Mais ce sera quand je voudrai. Quand on voudra. Quand on sera prêts, Pamela et moi.

Pour le moment j'ai juste envie d'une nouvelle paire de chaussures.

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12 novembre 2009

Prenez le temps d'aller vite, épisode 3

train_bond_

En ce moment, le truc qui marche bien sur la blogosphère, ce sont les sagas. On vous raconte une histoire, ou plutôt une partie d'histoire, et on vous donne rendez-vous plus tard pour découvrir la suite. Excellent pour appâter, puis fidéliser le chaland. Et donc faire exploser ses stats de visite.

Intéressé, par définition, à faire progresser le nombre de mes lecteurs et leur envie de participer aux débats, je vais donc derechef jouer les opportunistes et m'engouffrer dans la brèche. Ma saga à moi sera - vous l'avez compris dans le titre - consacrée à la SNCF. Exercice un peu facile je l'avoue, car nombreuses sont les bonnes raisons de pester contre ces retards, ces incidents techniques, ce personnel avenant et à la compétence avérée qui font les beaux jours de la Grande Maison... Mais en même temps, je n'y peux rien si les anecdotes foisonnent pour l'utilisateur du TGV que je suis. On ne peut pas aligner quotidiennement 500 km sur les rails sans passer par des moments forts.

Oui, vous avez bien lu, 500 km par jour. Vous avez le droit de me traiter de fou. En même temps, vous commencez à comprendre où je trouve le temps de rédiger mes billets.

Mais trèfle de plaisanterie, comme on dit dans les prairies vertes de ma campagne, j'ai eu l'occasion ce matin-même de renforcer ma conviction selon laquelle les têtes pensantes de la SNCF n'ont rien à envier, en termes de bêtise, aux voyageurs qui empruntent ses lignes.

Il se trouve en effet qu'aujourd'hui, mon train habituel était réduit à une rame (au lieu de deux en temps normal), les cadres de la SNCF étant partis du principe que la majorité des gens feraient, comme eux, le pont, et donc ne se précipiteraient pas sur les réservations. Ce postulat a évidemment montré ses limites car dès le début de la semaine dernière, il n'y avait déjà plus de places assises disponibles en seconde classe sur ce TGV.

Dans ces cas-là, tu as deux solutions. Soit tu paies l'équivalent d'une demi-journée de salaire pour avoir droit à un billet en première, soit tu fais une résa dans le train précédent qui, par chance, lui, n'est pas complet à 10 jours du départ (c'est bête, hein, mais à la SNCF, t'as beau être abonné, il te faut quand même une résa pour chacun de tes trajets, et elle te coûte 1,50 € à chaque fois). Donc tu fais ta résa pour un train dans lequel tu ne mettras jamais les pieds, privant au passage d'une place assise quelqu'un qui a vraiment l'intention de le prendre, et toi, tu te pointes dans ton train habituel en sachant très bien que tu devras rester debout.

Bref. Faut croire que ce matin, on a été plusieurs a faire ce calcul. Pas loin d'une centaine, si j'en veux pour preuve le nombre de bipèdes que j'ai pu croiser dans les couloirs, sur les plateformes, dans la voiture-bar et même dans l'espace nurserie. A peine moins clairsemé qu'un jour de grève, quoi.

Mais tout cela aurait été supportable si, comme tous les jours à 15 minutes du terminus parisien, une tripotée de voyageurs n'avaient abandonné leur place, mis leurs manteaux, attrapé leurs porte-documents pour se diriger comme un seul homme vers la voiture de tête. Oui ami lecteur, car l'usager lambda du TGV, pour gagner du temps à la descente, il préfère aller s'agglutiner contre une porte coulissante et être ballotté dans tous les sens pendant un quart d'heure. Et le pire c'est qu'il ne gagne pas une cacahuète, nada, peau de zob, parce qu'évacuer un cheptel comme celui-là, ça demande largement plus de temps que de quitter une voiture (devenue presque vide) où tu as attendu tranquillement d'être à quai pour bouger un sourcil.

Alors imagine un jour comme aujourd'hui, avec un train blindé de monde. Dans le genre "j'aggrave mon cas", je voudrais un wagon entier.

En remontant le quai, d'un pas alerte et décidé, et en apercevant l'amas de crétins coincés en file indienne à l'intérieur, je me suis fait la réflexion que le Français moyen est vraiment con comme un verre à dents.

On a le service public qu'on mérite.

Posté par Charlie Grogne à 13:43 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 novembre 2009

Eddy qui ?

eddy

Il l'a annoncé, sa tournée 2010 sera celle de ses adieux. Plus la même voix qu'avant, plus la même pêche non plus. Le sentiment que vieillir, c'est pas très passionnant. Et la trouille de ne pas être à la hauteur. S'il s'en va, c'est "par respect envers le public".

Démarche élégante que celle du monsieur, 67 ans dont plus de 50 sur scène. Je n'en suis pas à dire qu'il me manquera mais  je l'aime bien, le Schmoll.

Ben si, Schmoll quoi.

Eddy Mitchell si vous préférez.

Vous connaissez pas Eddy Mitchell ? Ah si, quand même. Non parce que pour morandini.com, ça n'avait pas l'air évident que tout le monde ait déjà entendu parler de ce gars-là. Lisez plutôt la fin de la dépêche qui annonce sa décision :

Cinéphile renommé et comédien, Eddy Mitchell, de son vrai nom Claude Moine, a été révélé dès 1956 dans le groupe "Les Chaussettes noires", ex "Les Five Rocks", légende du rock'n roll français. Ses principaux succès en solo à partir de 1963 sont "Toujours un coin qui me rappelle", "Sur la Route de Memphis", "Rio Grande", "La Dernière séance", "Le cimetière des éléphants", "Pas de Boogie Woogie"...

Ouais. C'est un chouïa dans le désordre, mais ça a au moins le mérite d'être correct. Ce qui est plus surprenant, c'est que l'auteur se sente obligé de préciser qui est Eddy Mitchell. Parce que, quand même, depuis qu'il est dans le business, avec le nombre de disques qu'il a vendus, le nombre de spectacles qu'il a donnés, les émissions qu'il a faites à la télé, les films et tout le toutim, ça me paraît surréaliste que le commun des mortels ait pu passer à côté.

Nan. Pour Morandini, faut préciser. On sait jamais. Des fois que.

Mais finalement c'est lui qui a raison. Parce que franchement, faut bien l'avouer, il a pas assuré Eddy. Mais alors pas du tout. Il est même pas allé chanter à la StarAc, il a pas fait la Ferme Célébrités, ni Koh Lanta. Je vais vous dire, ce qui l'a perdu, c'est qu'on ne l'a pas vu une seule fois dans Secret Story. Le con ! Après tout, s'il voulait qu'on se souvienne de lui, il avait qu'à faire le casting. Angie, elle au moins, on sait ce qu'elle fait en ce moment (raconter qu'elle s'enfile des téléphones portables), et Bruno, il nous présente sa petite amie.

Voilà. Les stars, les vraies, on sait ce qui leur arrive et Morandini n'a pas besoin de resituer tout le temps qui elles sont, ni combien d'oeuvres littéraires, musicales ou cinématographiques elles ont derrière elles.

Enfin, heureusement qu'il y a des sites internet qui savent rendre hommage aux gens, même pas connus. On ne t'oubliera pas, Eddy.

Posté par Charlie Grogne à 21:53 - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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