mauve

Croyez-moi si vous voulez, mais en ce moment j'ai un sommeil plutôt agité. La principale raison étant que je suis toujours cruellement déchiré entre l'envie de poursuivre l'aventure du blog et celle de partir en pleine gloire, avec un nombre de visites quotidiennes en pleine explosion, adulé par des hordes de filles en délire qui hurlent mon prénom en boucle, comme elles le feraient pour réclamer un rappel à la fin d'un concert de Daniel Guichard. Ahem, ahem.

OK, j'arrête avec ça.

Mais 50 % de fréquentation en plus sur la dernière semaine, hein, quand même. Truc de ouf.

Non, mais c'est vrai, je dors mal. Je fais des rêves étranges. Quand mon boss à la Krach and Partners n'est pas tueur à gages avec un contrat sur ma tête, c'est Claude Sarraute qui m'entraîne dans les magasins Jennifer et me somme de lui acheter des petits hauts taille 14 ans. La nuit dernière, c'était le pompon : j'allais visiter le nouvel appartement de ma cousine Carole et découvrais, avec un mélange d'effroi et de douleur, qu'il était entièrement peint en mauve. Avec des meubles mauves, des rideaux mauves, des luminaires mauves éclairant avec des ampoules mauves. Carole m'accueillait vêtue d'une robe mauve surmontée d'un gilet mauve et...

Excusez-moi.

Pamela intervient dans mon dos et me souffle que ce n'était pas un rêve, que tout cela vraiment arrivé. Bon sang mais c'est bien sûr, je me souviens maintenant ! Cela dit, j'avoue que j'ai un peu travesti la réalité. Le gilet de Carole n'était pas mauve, mais violet.

N'empêche, quelle overdose ! Je savais Carole assez fan de ces tons mais j'étais loin d'imaginer à quel point... Il faut croire que jusqu'ici, seul son statut de locataire avait contenu sa frénésie de camaïeu et qu'à présent, elle a balancé la pédale de frein par-dessus bord. Il m'a fallu faire preuve de courage pour ne pas vomir sur le canapé mauve (ou les coussins lavande), étant entendu qu'atteindre les toilettes (aux murs prune et à la cuvette pourpre) n'auraient probablement pas simplifié mon affaire. Non mais comment peut-on être à ce point monochromaniaque ? Si, comme les goûts, les couleurs ne se discutent pas, qu'a-t-on le droit de dire quand il n'y en a qu'une seule ou presque ?

OK, OK, je ne râle pas, mais je n'en pense pas moins.

Je laisse le blanc aux cliniques, le bleu à Luc Besson, le noir au Bérurier, le vert à Saint-Etienne, le rose à la panthère. Et son mauve à Carole.

La prochaine fois, c'est elle qui viendra dîner.