Bon, alors il paraît que ça ne va plus du tout. Que vous êtes complètement perdus, que vous ne savez plus à quel saint vous vouer. Que vous êtes prêts à quitter le navire faute de visibilité.

Je parle du blog, là. Et de ce que j'y raconte. Il paraît qu'au début tout était simple, j'y déballais ma vie quotidienne, mes coups de gueule, mes médisances, mes convictions de vieux réac qui voit tout en blanc immaculé ou en "deep dark". Vous rigoliez un bon coup, quelques commentaires et on passait à la suivante.

Et puis un jour ça s'est compliqué. J'ai commencé à prendre des distances avec la réalité, à construire des histoires à partir d'anecdotes survenues à d'autres que moi. Première porte vers la création pure et simple de personnages en partant d'une feuille (presque) vierge. Et maintenant, voilà qu'il me suffit d'une histoire de Toto pour accoucher d'un billet. Oui parce que, pour ceux qui n'ont pas lu les commentaires du précédent post, tout ça n'était au final qu'une bonne vieille blagounette à deux balles. Ou a trente centimes d'euro, comme on dit maintenant.

Eh ouais.

Alors que faut-il croire, finalement, dans tout ce que je vous dis ? J'avoue que si j'étais à votre place, je m'interrogerais et je me donnerais sûrement raison de le faire.

Est-ce qu'elle existe vraiment, Pamela ? Et le petit Ralph ? Et la soeurette qui veut faire vacciner tout ce qui passe ? Et Sylvester, sa télé permanente, ses chaussettes blanches et son racisme ordinaire ? Et la Krach and Partners ? Marguerite Kerguelen et la p'tite Sandra de la compta seraient de pures créations de l'esprit ?

Je suis d'accord avec vous, c'est pas bien de jouer avec la crédulité des gens comme ça. Car comme le disait fort à propos... je ne sais plus qui, sans doute l'inénarrable Jean-Claude Van Damme : "passé certaines bornes, il n'y a plus de limites". Et donc à ce stade, le Charlie que je vous ai présenté tout au long de ces pages pourrait très bien être en réalité un quinquagénaire aux cheveux longs qui a fait toute sa carrière dans la fonction publique, court 20 km tous les matins, s'enfile en boucle la collection Bruce Lee et déteste cordialement les bagnoles. Ou au contraire une étudiante en arts plastiques végétarienne et trotskiste, fumeuse et bordélique à souhait, inconditionnelle de Metallica et résolue à ne jamais s'offrir à un mec. Hein, finalement, pourquoi pas ?

Ah c'est sûr, ça change la donne, là, d'un coup.

Donc, quand Fr@mboize me tague (encore) et m'enjoint de photographier chez moi un sticker, que je lui dis que ça va être duraille parce qu'il n'y en a aucun, est-ce qu'elle doit prendre ça pour argent comptant ? Et vous, mes fox-terriers à poils durs, vous devez en penser quoi ?

Tel Kaa dans Le livre de la jungle, c'est sans siffler sur vos têtes que je vous dirai haut et fort : "aie confiance".

Si je dis qu'il n'y a pas de stickers à la maison, c'est qu'il n'y en a pas. J'aime pas les stickers. J'aime les murs de couleur unie, de préférence blanche ou blanc cassé, sans frise ni imprimé, pour pouvoir y accrocher des cadres, des tableaux ou des patères avec des vestes dessus.

Pas de stickers. Voilà, on va pas en chier une pendule à treize coups, non plus.

En revanche, sur la porte de ma cave, j'ai mis ça :

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Je ne sais pas si ça suffira pour dire que j'ai relevé le défi, mais ça aura au moins le mérite de mettre une bonne fois pour toutes les choses au clair. En effet, c'est à la lumière de ce panneau indicateur, à la symbolique forte et indestructible, que je prends aujourd'hui devant vous un engagement solennel : celui de ne jamais, j'ai bien dit jamais, vous dire si ce que je vous narre est la vérité ou, au contraire, un total bobard.

Non mais. Qui c'est qui commande ? Vous voulez pas mon numéro de Carte Bleue, aussi ?

La vérité, je vous le dis, ça fait pitié.