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Une bonne photo valant, c'est bien connu, beaucoup mieux qu'un long discours, celle que vous venez de découvrir (cliquez dessus si vous n'y voyez rien) vous indique la teneur du SMS que j'ai reçu cette semaine. Numéro inconnu, pas de signature, une invitation à appeler un numéro évidemment surtaxé... Eh oui, voilà la façon dont les voyous d'aujourd'hui volent l'argent des simples d'esprit. En envoyant un texto.

Vous imaginez bien que, comme tout détenteur d'un QI de 150 qui se respecte, je n'ai pas donné suite, et encore moins cherché à savoir ce qu'il y avait derrière ce piège. Une voix de femme, suave et doucereuse, qui vous propose de vous connecter sur un site porno ? Un agité du bocal qui, à grand renfort d'accents toniques, vous assure que vous avez gagné une Porsche par tirage au sort ? Ou tout simplement le silence, le vide sidéral à 3 euros la communication ? Non, je n'ai pas voulu savoir, je vous dis.

Mais je suis très énervé.

Vraiment, vraiment énervé. Et pas contre les petits jeunes crédules qui, avides de nouvelles rencontres adolescentes ou par simple curiosité, se précipiteront sans retenue dans ce qu'on attend d'eux. Je m'en suis déjà expliqué, je ne tire pas sur les ambulances. A peine davantage pesté-je contre les cyber-petits malins qui ont eu l'idée de l'arnaque (il faut bien que le genre se renouvelle et utilise des moyens en rapport avec son époque). Non, ceux qui me font monter la moutarde au nez puissance 15, c'est la cohorte d'incapables qui utilisent l'argent de nos impôts... à ne rien faire pour empêcher ça.

Je suis sidéré qu'à l'heure où on se gargarise de téléguider des satellites dans l'espace, on ne soit pas en mesure de parer des trucs aussi simples que ces arnaques-là. Parce que, quand même, j'y connais rien aux nouvelles technologies mais il y a des choses qui m'interpellent (quelque part au niveau du vécu, comme disait l'autre). L'argent pompé sur le compte du blaireau qui appelle le 08 99 machinchose, là, il n'est pas reversé par l'opérateur télécom sur celui de l'annonceur, peut-être ? C'est pas possible de le tracer, le gars ? Et qu'on ne me raconte pas que le compte en question est aux îles Caïman ou au Luxembourg...

Mais admettons. Et prenons alors les choses en amont. L'opérateur qui a vendu son fichier de numéros, il va essayer de nous faire croire qu'il ignorait tout, absolument tout, de la teneur du message qu'allait diffuser son client ? Qu'il n'a évidemment pas oublié de lui préciser l'obligation d'indiquer le coût de la communication dans le corps du texte ? Bien sûr, bien sûr, tu peux pas surveiller tout le monde, monsieur Esseffère, toi tu vends du temps de cerveau disponible et tu regardes ce qui s'y passe quand tu as le temps...

Incroyable. Et dire que chez nous, à la Krach and Partners, quand on fait un 60x40 pour un yaourt, la moitié de l'affiche est consacrée aux mentions légales... On se demande vraiment pourquoi on joue le jeu.

Sincèrement, je ne sais pas qui il faut blâmer dans l'histoire. L'autorité de régulation des télécoms ? La brigade anti-cyber-criminalité ? Brice Hortefeux ? Le petit Nicolas ?

Moi j'ai l'impression que personne ne bronche parce que finalement, tout le monde y trouve son compte. La France d'en bas consomme, les entreprises font du chiffre, les flics s'occupent de choses sérieuses et graves... Et moi, je trouve des raisons de râler, donc de remplir ce blog.

Vous voulez quoi alors, que je dise merci ?